Ayiti : Partir à point? Non, On préfère courir…

…Surtout quand ça ne mène nulle part !

Plus que 6 jours avant la date redoutée de tous. Ce 12 janvier verra le pouvoir législatif, l’un des trois pouvoirs piliers, dit-on, de la démocratie, véritablement inopérant. Amputé des 2 tiers de son effectif, le parlement ne pourra plus prétendre à son droit de légiférer ni de contrôler les actions du gouvernement. Convaincre de leur assiduité au travail en sillonnant les stations de radio pour vociférer leurs opinions politiques ne sera plus une option pour les quelques parlementaires restants. Il ne leur restera pas d’autre choix.

Le Pouvoir Exécutif dans un premier temps paraissait plutôt séduit par une éventuelle caducité du parlement. Dans un entretien accordé sur les plateaux de TV5monde, à l’occasion d’une visite en France, le président de la république ne cachait que très mal sa résolution de convoquer le peuple aux élections une fois l’ «inopérabilité» du parlement effectif. La promulgation par décret devenant alors possible, l’Exécutif se verrait débarrassé d’épineuses négociations pour le vote de la loi électorale sans laquelle l’organisation des joutes reste au point mort.

Mais l’amputation d’un pouvoir de la vie politique ne semblant plaire à personne d’autre, le président se retrouve dans une course contre la montre qui paraît bien vaine. Comment donc serait-il possible de monter un nouveau C.E.P, de revoir et soumettre la électorale et de la faire voter en seulement 6 jours ?

Si l’on ne peut que souhaiter un dégel de cette crise, la formation d’un C.E.P. accepté par toutes les parties et le vote d’une loi électorale avant lundi prochain (12 janvier 2015) attesterait de l’irresponsabilité et de la mauvaise foi de nos élites politiques. On aura perdu 4 ans dans un bras de fer pour des décisions qui seront finalement prises en 6 jours !?

Mais l’imminence du 12 janvier est moins un obstacle à une résolution de la crise que les moyens mis en œuvre pour y arriver.

Entendons-nous. On ne peut réclamer de consensus qu’entre les protagonistes; de réconciliation qu’entre belligérants.

Le principal obstacle au lancement de la machine électorale est bien le vote de la loi rendu impossible par 6 sénateurs. Tout accord, toute entente devrait donc viser à convaincre le «groupe des 6 », comme ils se font appelés, à revoir leur position d’anéantir toute séance de ratification.

Pourtant, ces derniers ne semblent faire partie d’aucune des décisions annoncées ou prises en vue d’une issue avant la date du 12 : Aucun des membres de la Commission présidentielle, aucun signataire de l’accord sur l’application de ses recommandations, n’étaient ou ne sont acteurs dans l’impossibilité du vote de la loi électorale. Comment donc voir en l’éventuelle et peu probable application de ces mesures un véritable espoir de dégel avant le 12 janvier ?

Mais le train est en marche : Les consultations se poursuivent, des « accords » voient le jour. L’Exécutif et son tout frais premier ministre se montrent optimistes. Y croient-ils vraiment ? Ou n’est-ce que pour acculer les « jusqu’au boutistes » ? Nous ne le saurons peut-être que le 12 janvier. Date désormais symbole que dans notre chère Ayiti, plutôt que de partir à point, nous aimons bien courir.

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