The real Matrix

Vous vous rappelez The Matrix? Allez…Le film avec l’élu qui devait libérer la terre d’un monde virtuel contrôlé par des logiciels. Ah… ça vous revient ! Pas mal hein !? Moi j’ai beaucoup aimé. (Bon, dans les 2 derniers actes, l’histoire est vite partie en biberine, mais le premier était parfait.)

Le film parle d’une époque où les hommes sont emprisonnés inconsciemment dans un monde virtuel ressemblant étrangement à la réalité.

Je vous vois sourire…Ben oui: À regarder notre mode de vie, ces temps-ci, ce film n’était pas si « science-fiction» que cela. Nous sommes actuellement de plein dans la matrice.

Nos amis sont plus nombreux à travers l’écran de l’ordinateur que dans notre ville. Et même à certains que nous côtoyons physiquement, et qui habitent nos quartiers, nous échangeons plus par courrier électronique que de vive voix.

Mais si ce n’était que ça, 😉

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C’est vraiment toute une autre vie qui s’est développée sur internet et, particulièrement sur les réseaux sociaux.

De même que Néo, le héros de THE MATRIX, était un simple employé dans son monde virtuel alors que dans le monde réel il ne faisait que rêver, plus d’un aujourd’hui endosse le rôle d’un tout autre personnage que le leur.

Certaines jouent les mannequins, posant chaque 3 minutes avec une nouvelle tenue et attendant anxieusement les «gorgeous» et «très belle ma chérie» de commentaires. J’admire surtout leurs modestie 😉 quand à celui qui ose un « Je vois que tu rayonnes » (m wè w klere, en français), elles répondent toujours « kote sa ? N’ap fè efò. » Réponse que l’on comprend mieux le jour où dans la vie réelle on finit par les rencontrer dans leur tenue négligée du quotidien.

Certains sont de fins analystes qui éclairent le pauvre peuple (le virtuel, bien entendu) dans la science qu’ils auront choisi de faire leurs. La politique, la médecine, la philosophie, le sport… On les retrouve dans tous les domaines…à part celui où ils sont pratiquants 😉

Il y a aussi les blagueurs. Mais là franchement, c’est le meilleur exemple. J’ai connu un homme qui avait toujours le bon mot, l’astucieuse réplique et la bonne blague pour attirer les « lmao »et les « lol ». Euh… plutôt les «Loooooooooo….l ». Quand je l’ai rencontré, pff. Un petit être très colérique et qui s’emportait contre tout et tout le monde.

N’oublions pas certains hommes politiques et autre personnages publiques qui s’érigent en modèles et saints, mais dont les frasques et bassesses sont connus de tous.

Et puis, il y a celui qui semble passer tout son temps sur internet. Toujours disponible pour répondre à un « bonjour, ça va ? », donnant l’impression de n’avoir aucune autre activité, mais à qui des journées de 72 heures feraient un grand bien.

Tout ce beau monde affiche des profils différents de qui ils sont vraiment. Et si pour certains c’est une démarche réfléchie et calculée, pour d’autres, cela se fait naturellement. Ils ne se rendent même pas compte de leur double vie. Ils ne réalisent pas qu’ils jouent un tout autre rôle que ce qu’ils offrent dans la réalité.

La réalité ? Bon, il faudrait peut-être penser à trouver un autre terme pour décrire l’espace hors des ordinateurs maintenant. Si The Matrix n’était qu’un roman de cinéma, notre monde numérique, lui, est bien réel.

6 commentaires sur “The real Matrix

  1. Tu sors toujours des billets hors du commun. Merci bien de nous rappeler que notre vrai monde n’est pas celui du virtuel, car ce double jeu pour certains peut constituer un vrai blocage dans le monde réel

  2. Je salue ta réflexion Tilou. Comme d’habitude j’ai pris plaisir à te lire. Si tu permets, je souhaite essayer de donner mon point de vue sur la question en tant qu’apprenti psychologue qui s’intéresse à la construction identitaire. Le virtuel et le réel sont ils si différents que ca ? Si oui , ne sont-ils pas cependant très connectés? Sachant que les deux peuvent être considérés come faisant partie du « moi » (self) de la personne. Le monde dit virtuel ainsi que le monde dit « réel » ne seraient ils pas tous les deux des « je » c’est à dire des « positions identitaires » qui constituent un individu. A côté du réel, du virtuel on pourrait aussi parler de « imaginaire ». Mais bon ca pourrait nous conduire à la psychanalyse, une discipline dont je suis loin de cerner les notions de base… Donc, ma préoccupation par rapport à ce tableau que tu peins si bien dans ton billet c de me questionner sur la place des réseaux sociaux dans la construction de la personne. Ces personnes qui mènent « une double vie » comme tu le dis, ne cherchent-elles pas à combler un vide affectif par exemple? A rechercher une attention qu’elles n’avaient jamais eue avant? Pour certaines d’entres elles n’aurait-il pas lieu de penser à une hypothèse de  » trouble de personnalité histrionique (intense désir d’être le centre d’attention…) »? C vrai que c’est étonnant de voir la vie des gens sur les réseaux sociaux et celle de la vie dite « réelle ». Certaines fois l’écart est énorme… A mon avis auau-delà de toute réflexion utile et intéressante à faire, ces gens là ont besoin d’aide…pourquoi pas une assistance psychologique. Ne serait ce qu’un groupe de parole diraient certains pour qu’ils puissent en parler. Pourquoi pas des séances individuelles aussi diraient d’autres. Dans tous les cas, conscients ou inconscients de leur « double vie » ces personnes méritent vraiment l’attention à mon avis mais pour les raisons ce que j’ai évoqué plus haut…

    1. Tu as sans doute raison. Une aide leur serait peut-être utile. Mais il ne fait aucun doute qu’une étude par des gens qui s’y connaissent en psychologie serait intéressante. La question que me suggère ta reflexion, cependant est la suivante: avant les réseaux sociaux, le « moi » de certaines personnes était-il incomplet?

      1. Je ne pense pas qu’on puisse parler de  »complétude du moi’ ou pour le moins j’en ai jamais entendu parler. Je ne l’ai pas encore lu non plus. Par ailleurs, je partage l’idée que l’identité d’un individu est dynamique. Elle est évolutive. Elle est  »une notion interactionniste et constructiviste constituée de codes culturels complexes véhiculés par ses différents milieux d’appartenance où des rôles pas forcément en adéquation vont lui être attribués » (Extrait de mémoire de master 2 de psychologie – 2015. Page.14). Cet extrait traduit aussi le poids des réseaux sociaux ou encore le milieu social en général sur la construction identitaire des personnes dont tu parles dans ton billet. Ils peuvent être aussi vus comme des victimes pour d’un autre point de vue.
        Comme je l’ai dit dans mon travail :  »Comme la famille, l’école, les groupes des pairs, l’église entre autres, force est de constater que les réseaux sociaux digitaux (facebook, twitter, instagram, whatsapp, LinkedIn etc.) proposent pour ne pas dire imposent des modèles identificatoires et des rôles contradictoires les uns aux autres. L’utilisation de ces canaux de communication suppose pour un sujet de nombreuses interrogations : Qu’est ce que je publie ? Qu’est ce que je commente ? Qu’est ce que je partage ? Quels groupes ou forums de discussion dois-je intégrer ? Comment vont réagir mes amis, mes « followers », mes abonnés ? Quelle image dois-je y projeter ? Quelles valeurs dois-je soutenir ? Ces interrogations et bien d’autres ne sont pas nouvelles en elles-mêmes mais elles deviennent plus urgentes au regard de la vitesse et l’étendue de la diffusion de l’information. Elles montrent toute la complexité du processus de construction identitaire au niveau intrapsychique et interpersonnel. » (p. 13-14).
        En somme, cette manifestation que l’on constate sur les réseaux sociaux telle que tu l’expliques dans ton billet peut cacher quelque chose de plus profond. Mais je me dois d’être prudent dans mes propos. Je ne vais pas étiqueter les gens. Je voulais juste poser d’autres questions, donc soulever d’autres réflexions. Je m’intéresse plus au  »pourquoi » (pourquoi un tel comportement?) qu’au  »comment » (comment il se manifeste). T’es au courant de ce qui s’est passé hier avec l’un des chanteurs du groupe Gabel qui selon plus d’un aurait tenté de faire croire au monde numérique qu’il passait son samedi à boire du CIROC en publiant une photo qui serait en réalité une publication d’un rappeur américain. Il est devenu en très peu de temps la risée de tout le monde. Pourtant cette même communauté ne serait-il pas complice d’un tel acte au regard des exigences faites aux artistes? Cette communauté, n’impose-t-elle pas un train de vie aux  »sipesta » qui est largement au-dessus de leurs moyens? Evidemment, tous les artistes ne l’auraient pas fait. D’ou la prise en compte de l’aspect personnel (intrapsychique) de la question. En somme, plusieurs facteurs pourraient être considérés.
        Je te cache pas… Ton billet m’inspire bcp. Peut-être qu’il serait intéressant de penser à une étude approfondie et structurée.
        Je termine pour te dire à nouveau :  »chapeau » pour ton billet.

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