Les dessous des Miss

L’autre jour, dans un cadre professionnel, un ami a requis mes services pour la conception d’un logo pour un concours.

Bon…Soucieux de respecter le principe du secret professionnel, je ne fais pas allusion dans mes billets à mes expériences qui pourraient clairement identifier un client ou une relation de travail.

Mais là, je suis obligé de me cacher derrière l’exception qui confirme la règle. Je ne peux vraiment pas garder cette perle pour moi 🙂 (Sa a m pa ka kenbe l pou mwen vre !)

Vous devez vous demander en quoi un logo pour un concours peut-il susciter autant d’excitation de ma part. Eh bien figurez-vous que ce concours n’aura rien d’ordinaire :

D’ abord le Titre : « Miss Vierges »

Quand j’entendis ça, je n’avais pas trop bien saisi. Je me suis demandé s’il s’agissait d’une sorte de compétition entre les diverses représentations de la mère de notre Seigneur. L’idée pourrait être géniale, mais comme je voyais mal La Très Sainte Vierge répondre « J’aime la lecture, le cinéma, le R&B, le Hip Hop et le Rap Kreyòl », j’ai plutôt attendu que mon ami m’ en dise plus.

En fait, il était question d’un concours de jeunes filles où l’accent serait mis sur leur virginité. (M ! Men Koze !)

Pour être honnête, cette histoire est partie d’une bonne intention qui était d’encourager les jeunes filles à retarder le plus que possible leur rentrée dans la vie sexuelle.

Mais tout de même, plusieurs points d’ombre m’intriguaient :

Comment vérifier que toutes les candidates sont effectivement éligibles ?

Faudrait une vérification. Et là, ce serait tout un casse-tête de décider qui du comité serait responsable du test 🙂

Un certificat médical ?

Euh…Les papiers en Ayiti, tu en trouves où tu veux, quand tu veux et avec la mention que tu veux. 🙂 Et puis qu’ est-ce qui empêcherait que la candidate Viergina change son nom en Gina le soir même du jour du test ?

Pour le logo, ce serait beaucoup plus facile.

La conception d’un visuel est toujours compliquée lorsqu’il s’agit de se démarquer de trop de concurrents. Et les concours de Miss, en Ayiti, ça ne manque pas.

Avec l’aspect de la virginité, j’ai trouvé tout de suite. Pour que le logo exprime bien cet aspect quoi de mieux qu’un chaton menotté ? (Yon chat mare!) En plus ça serait à la fois subtil et poétique. Vous ne trouvez pas ?

Bon, je n’ai toujours pas eu confirmation du contrat 🙁 Peut-être que cet ami a eu une meilleure offre d’un concurrent. De toute façon, Ce concours m’intéresse.

En général, je réprouve les concours de Miss. Je perds rarement mon temps à suivre leur déroulement à la télévision et quand j’en parle, c’est bien évidemment pour affirmer ma désapprobation.

Mais là, ça va peut-être changer…

Même que je vais jouer pieds et mains pour être dans les coulisses de cette histoire.

Parce qu’honnêtement les dessous risquent d’être plus intrigants et spectaculaires que le spectacle, lui-même.

5 commentaires sur “Les dessous des Miss

  1. Cher auteur, mon grand ami,
    J’ai pris le temps de lire ton article parce que je m’attendais à voir les dessous (sak gen nan loj) de nos chères miss souvent présentées comme des modèles par les organisateurs. Ou pa janm konnen leur « bagay » auraient bien pu être « modèles » ou modélisables. Je doute fort que les miss elles-mêmes se prennent pour des modèles aux bagay modèles.
    Mais apparemment, ta plume (je le sais volontaire) a plutôt révélé les dessous des organisateurs. Et ce n’est pas vierge! Les tâches que j’y vois ne sont pas les tâches des premières règles. C’est plutôt le sang phagocyteur (bave k’ap degoute bo chouch) des organisateurs cherchant à peu de frais des miss (telman genyen!) mais pas à bout de bras de vierges (telman pa genyen). Leur génie leur a valu ce titre flatteur mais qui, comme tu l’as dit, ne leur vaudra pas de vierges. Le temps de la virginité, dans le meilleur des cas, s’étend de la conception au cri primal. Ceci, dans le meilleur des cas, quand la violence de ce qui s’écoute, de ce qui se voit, bref la bêtise humaine, n’a pas « déchalboré » et brouillé les cartes pour l’enfant à naitre dès le premier « tchoup ».
    Pendant qu’on y est, nos organisateurs cherchent quelles vierges ? De quel sexe ?
    De toute facon, la pente empruntée par nos sociétés (vous en avez parlé ou en avez suscité le débat bien des fois sur Facebook) laissent à penser que, peut-etre, seuls les hermaphrodites ou les intersexué(e)s auront la lucidité de leur genre.
    Prions encore la Sainte Vierge de permettre que du ventre de nos miss enceines puissent sortir des vierges.

  2. Décidément!!,
    Déja j’ai du mal à digérer ces concours de miss qui renforcent, malheureusement, l’idée que le corps de la femme est un objet qui peut être exploité.

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