Chikungunya : Sa sa ye sa?

Depuis quelques semaines notre vocabulaire s’est enrichi : CHIKUNGUNYA. On ne possède pas encore tout à fait le mot, donc chacun prononce comme il peut. Et ça donne parfois des expressions assez drôles.

Cette maladie aux symptômes divers est aujourd’hui la principale préoccupation de la population. Même que la mode est de raconter, après guérison, son expérience du «Kase lezo »*.

Le chikungunya fait peur parce qu’il n’y a pas que la prononciation que les Ayitiens ne maîtrisent pas.

Le ministère de la Santé publique a certes publié plusieurs communiqués d’informations et conseillé certaines mesures pour limiter la propagation de la maladie.

Mais rien n’y fait. Les explications officielles ne semblent pas tenir. Et notre peuple affectionnant tellement les mystères et autres théories du complot, en sont déjà à développer toutes sortes de thèses.

D’abord la transmission par un moustique est mise en doute. Pour plusieurs le virus est dans l’air et la piqûre d’un moustique est étrangère à sa transmission.

Même que pour d’autres, c’est une manœuvre des États-Unis d’Amérique. Ils se rappellent d’ailleurs (à tort) que la maladie a commencé à se développer après une simulation d’évacuation en cas de séisme de l’ambassade à Port-au-Prince. (Oui, moi aussi, je cherche le rapport).

Ensuite, les symptômes ne sont pas pour décourager l’affaire, n’étant pas les mêmes chez tous les souffrants.

Certains ont une forte fièvre quand d’autres ne présentent qu’une légère augmentation de la température du corps. D’autres encore ne sont que faiblement incommodés alors que des moins chanceux sont quasi paralysés de douleurs. Il y a aussi l’apparition de boutons ou de ganglions qui ne sont pas présents chez toutes les victimes.

Ainsi, on n’est jamais vraiment certain de ne pas l’avoir. Donc, un léger vertige, une forte toux, de la nausée,… au moindre bobo on sonne l’alerte au chikungunya.

Et enfin, puisque on fait preuve de créativité pour la source de l’épidémie et pour les manifestations de la maladie, les traitements ne sont pas épargnés non plus.

Si le paracétamol, conseillé par le ministère n’est pas en soi refusé, il est accompagné de bien d’autres choses : un grand bain de feuilles, friction d’huile de Palma Christi et, évidemment, une bonne rasade de clairin (Asowosi de préférence).

En réalité, cette maladie a de quoi faire peur parce que même les médecins ne s’accordent pas sur ce que c’est vraiment. Alors qu’au début le bruit courait qu’elle ne s’attrapait pas plusieurs fois, certains professionnels de la santé avancent maintenant le contraire et quelques personnes prétendent même avoir fait l’expérience.

Si c’est effectivement le cas, vues les mesures que ne prennent pas les autorités (assainissements des quartiers, évacuations des eaux stagnantes, etc.), l’épidémie risque de durer encore un peu.

Bon, ça c’est dans l’hypothèse où le moustique serait effectivement coupable. Dans les autres cas, faudrait peut-être miser sur une intervention des extra-terrestres 😉

Tilou

* La maladie appelé Kase Lezo pour faire référence aux fortes douleurs qu'elle cause.

2 commentaires sur “Chikungunya : Sa sa ye sa?

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